Exposer et vendre à Art Basel Paris : avant, pendant et après la foire
Avant-Première d’Art Basel Paris 2026, au Grand Palais. Le premier collectionneur que vous aviez invité arrive avec une amie que vous ne connaissez pas, qui achète surtout du dessin. Dix minutes plus tard, elle repart vers l’allée centrale, et vous n’avez noté ni son nom, ni le dessin devant lequel elle s’est arrêtée.
Une foire, ce sont des centaines de conversations en six jours. Ce qu’il en reste dépend de ce que vous préparez avant, notez pendant et faites ensuite. Voici les trois, puis ce que le droit français demande quand une vente se conclut à Paris, règle par règle, avec ce qui la déclenche en première ligne.
En bref
- Une seule liste des œuvres pour tout le stand, avec le prix hors taxes et le prix toutes taxes comprises côte à côte.
- Une œuvre achetée à un particulier ou reçue en dépôt a sa ligne au livre de police avant de quitter la galerie.
- Chaque conversation utile se note sur le moment : nom, moyen de contact, œuvre, ce qui a été dit, accord pour recevoir vos nouvelles.
- Dès 10 000 euros, par transaction ou par série de transactions liées, vous identifiez l’acheteur avant la vente, sur un document probant.
- La semaine suivante : remerciements, relances avant la fin des réservations, factures au bon régime de TVA, puis le bilan.
Art Basel Paris 2026 : une semaine en quatre temps
Le calendrier publié par Art Basel : le mardi 20 octobre, l’Avant-Première, sur invitation, pensée pour les galeries et leurs principaux clients ; les mercredi 21 et jeudi 22, les Preview Days, avec le vernissage public le jeudi ; puis la foire ouverte à tous, du vendredi 23 au dimanche 25 octobre.
Répartissez vos invitations selon ces jours : l’Avant-Première pour ceux qui achètent chez vous, les Preview Days pour les rendez-vous à heure fixe, le week-end pour les premières rencontres.
Avant la foire : trois listes
La première est celle des œuvres que vous emportez, avec pour chacune son prix, sa disponibilité et sa provenance. Une seule, partagée par toute l’équipe du stand, avec côte à côte le prix hors taxes et le prix toutes taxes comprises : vous les donnerez de tête à des acheteurs de plusieurs pays.
La deuxième est celle des papiers qu’un acheteur pourra demander dans l’heure :
- le certificat ;
- le constat d’état ;
- l’historique des expositions ;
- pour le second marché, la provenance.
La troisième est celle des invitations. Écrivez à ceux qui suivent un artiste que vous montrez, et proposez une heure plutôt qu’un « passez nous voir » : un rendez-vous pris se tient, une promesse de passage se perd dans les allées.
Sur le stand : ce que vous notez tout de suite
Sur un stand, la mémoire ne tient pas. Chaque conversation utile mérite trente secondes d’écriture, sur le moment : le nom, un moyen de joindre la personne, l’œuvre qui l’a arrêtée, ce qui a été dit, et si elle accepte de recevoir vos nouvelles.
Une réservation s’écrit avec trois choses : qui, à quel prix, jusqu’à quand. Prévenez toute l’équipe, pour que deux collègues ne promettent pas la même toile à deux personnes.
Quand la vente se conclut, notez aussi ce dont la facture et le transport auront besoin :
- l’identité exacte de l’acheteur et son pays ;
- l’adresse de livraison ;
- le moyen de paiement ;
- le jour où l’œuvre quittera le stand.
Vendre à Art Basel Paris 2026 : ce que le droit demande
Le livre de police. La règle joue dès qu’une œuvre vous vient d’un particulier, achetée ou reçue en dépôt. Le registre des objets mobiliers recense les objets « achetés, revendus, ou mis en dépôt », avec l’identité et la pièce d’identité de la personne qui les a vendus ou confiés, et leur prix ou, pour un dépôt, une estimation. Un registre absent, incomplet ou inexact expose à six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
La TVA. La règle dépend de qui vous a vendu l’œuvre. Depuis le 1er janvier 2025, la livraison d’une œuvre d’art est taxée à 5,5 %, sauf sous le régime de la marge, qui s’applique de plein droit à l’œuvre achetée à un particulier. La TVA porte alors sur la marge, elle n’apparaît pas sur la facture, et la facture cite la disposition qui justifie ce régime. La galerie peut toujours y renoncer pour taxer le prix total à 5,5 %.
Le pays de l’acheteur. La règle change selon la destination de l’œuvre.
- Sous le régime de la marge, un collectionneur d’un autre pays de l’Union paie la TVA française sur la marge, comme un acheteur parisien.
- Hors de ce régime, la vente dans l’Union dépend de qui achète et de qui transporte l’œuvre : demandez à votre expert-comptable avant la foire.
- Une œuvre exportée hors de l’Union est exonérée, à condition de le prouver par la déclaration d’exportation établie au nom du vendeur et visée par la douane du point de sortie. Un acheteur qui repart avec l’œuvre sous le bras ne vous laisse pas cette preuve.
La vigilance anti-blanchiment. La règle joue dès 10 000 euros, par transaction ou par série de transactions liées. Vous identifiez alors l’acheteur et, le cas échéant, le bénéficiaire effectif, avant la vente, sur un document probant, et vous vérifiez s’il s’agit d’une personne politiquement exposée. Si l’identité ne peut pas être vérifiée, la vente ne se fait pas. Sur un stand, décidez à l’avance qui demande la pièce et où on la range.
Le droit de suite. La règle joue à la revente en France d’une œuvre originale, quand un professionnel du marché de l’art intervient.
- À partir de 750 euros.
- 4 % jusqu’à 50 000 euros, puis dégressif, dans la limite de 12 500 euros.
- À la charge du vendeur ; le professionnel qui intervient en assure le paiement.
- Hors champ : la première vente par l’artiste, et la revente, à 10 000 euros au plus, d’une œuvre achetée directement à l’artiste moins de trois ans avant.
Si l’œuvre quitte la France ou l’Union : certificat et licence
La règle ne joue que pour une œuvre de plus de cinquante ans ; une œuvre plus récente n’entre dans aucune de ces catégories. Pour quitter la France, il faut un certificat du ministère de la Culture au-delà d’un seuil de valeur :
- 300 000 euros pour un tableau ;
- 100 000 euros pour une sculpture ;
- 50 000 euros pour une aquarelle ou un pastel ;
- 30 000 euros pour un dessin ;
- 25 000 euros pour une photographie ;
- 20 000 euros pour une estampe.
Pour quitter l’Union, une licence européenne s’ajoute, avec des seuils plus bas. Elle ne vise que les œuvres qui n’appartiennent plus à leur auteur :
- 150 000 euros pour un tableau ;
- 50 000 euros pour une sculpture ;
- 30 000 euros pour une aquarelle ;
- 15 000 euros pour un dessin, une estampe ou une photographie.
La douane dispense de certificat une œuvre présente en France depuis moins de deux ans ; les sources que nous avons lues ne disent pas si la dispense vaut aussi pour la licence.
Après la foire : la semaine qui suit
Le stand démonté, la foire se joue une seconde fois. Remerciez les collectionneurs venus sur le stand, en leur renvoyant l’œuvre dont vous avez parlé, avec son prix et ses dimensions. Écrivez aux nouveaux contacts, plus brièvement. Relancez les réservations avant que leur délai ne tombe ; si l’une n’aboutit pas, proposez l’œuvre au suivant.
Facturez dans la foulée, au bon régime de TVA, avec les documents d’exportation prêts avant le départ d’une œuvre qui quitte l’Union. Puis faites le bilan : ventes pendant la foire, ventes après, contacts captés et ceux qui ont répondu, coût de la foire. C’est lui qui dira s’il faut revenir, et qui inviter en premier.
Ce que MARMALADE fait, concrètement
Le module Foires et événements de MARMALADE tient la foire dans une seule fiche : le stand composé depuis l’inventaire, les contacts captés et les ventes ou réservations faites depuis le téléphone, puis le bilan, ventes au stand, ventes qui suivent et contacts captés. Pour comparer sur des faits, voyez notre comparatif des logiciels de galerie.
Article publié et mis à jour le 20 octobre 2026. Il décrit le droit applicable à cette date et ne constitue pas un conseil juridique.